Et voilà, vous l'attendiez tous... mon article de l'année.
Vous l'avez constaté, je n'écris pas très souvent.
Déjà car j'écris quand je veux (mais je l'ai déjà dit, mais ça fait du bien de le répéter), et que, mine de rien, ce blog attire chaque jour quelques dizaines de lecteurs, entre 30 et 50. Résultat: malgré une production très faible, ce blog a eu quelques 100 000 pages de vues pour 30 000 visiteurs... pas mal pour un blog alimenté que deux fois par an.
Voilà pour la minute d'auto-satisfaction masturbatoire...
Si c'est pour vous donner des opinions par écrit sur mes dégustations, aucun intérêt, d'autant que d'autres blogs et sites (comme www.poignee2cigares.com) le font très bien et d'autres moins bien qui se permettent d'avoir des jugements totalement prétentieux. En revanche pour les vidéos, je m'y mets... quand je serais moins paresseux pour faire les montages.
Donc le sujet particulièrement futile du jour (et donc de l'année) est: Quel cigare pour le jour d'un mariage?
La réponse est simple: Gardez pour vous et le marié (sauf si ce ne sont qu'une seule et même personne) le meilleur cigare et partagez avec les autres invités quelques cigares un peu cheap auquel un petit traitement par la case "humidification" les rendront parfaitement comestible.
Le meilleur cigare, cherchez plutôt dans du cubain. Non pas que les non-cubains ne méritent pas la place dans la bouche du marié, mais tout simplement car si vous offrez le cigare au marié et que ce n'est pas un cubain, vous aurez le droit à l'assaut d'une bande de connards attardés et passablement avinés sur la mélodie du "Ah bon? pas un cigare cubain?".
En optant pour le cubain, vous évitez automatiquement ce débat... Mais dans les cigares cubains, je vous invite à opter pour un cigare pas trop puissant, d'une part car rien ne garantit que le fragile palais du marié résiste à la fumée d'un cigare, et d'autre part, il faut penser à la marié qui n'aura sans doute pas envie de finir la nuit de noce avec un cendrier sur pattes. Un Hoyo de Monterey fera parfaitement l'affaire... et en plus la bague est jolie. Un double corona pour marquer l'évènement ou un Epicure n°2 pour ne pas le voir gâcher le cigare.
Pour le reste de l'assemblée (oui, vous savez, la bande de connards), optez pour un bundle. Prenez donc un paquet de cigares un peu cheap, genre Villa Zamorano robusto ou dans le genre... mais afin d'éviter de les dégouter, un petit passage pendant par la cave à cigare bien humidifié pendant 1 mois ou deux leur feront le plus grand bien...
2013-07-30
2012-10-08
Quand on décline... c'est le déclin?
J'avais vu il y a quelques temps sur un blog anglophone (merci à Hamza de elveguero.com de me l'avoir montré d'ailleurs) un échange entre Pete Johnson, fondateur, créateur, gourou (rayer la mention inutile) de la marque Tatuaje... mais pas que, et un amateur lui reprochant justement la multiplication des marques... ce à quoi avait répondu Pete "Cigar business is also a fashion business" (ou un truc de ce genre).
J'avais été interpellé par cette phrase. Car comme Hamza, j'en ai plein le cul de deux choses: la multiplication au sein d'une même entreprise de cigare de plein de marques, poussant chacun à chercher le dernier hype cigare (j'en suis heureusement sorti...) et surtout, surtout, la déclinaison d'une même liga sur 235 formats de cigares.
Pour commencer avec la profusion de noms de marques... juste un exemple avec Tatuaje
http://www.tatuajecigars.com/site/smokes/
Alors certes sans aucun doute les amateurs aficionados les plus pointus trouveront un intérêt spécifique à chacune de ces marques... mais pour le fumeur lambda (et là je pompe complètement le propos de Hamza lors de nos échanges, mais primo, j'assume et secundo, je suis d'accord avec lui), quel intérêt?
Le buzz autour d'un nouveau cigare (the fashion business) n'est certe pas incompatible avec la recherche pointue de nouvelles saveurs sur les cigares, mais je reste encore à convaincre que tous ces cigares est un intérêt... ensuite un cigare doit-il nécessairement avoir un intérêt outre celui du plaisir? Que des entreprises s'échinent à multiplier les marques restent, sans doute, au fond leur problème...
L'autre partie, c'est la déclinaison (voir le déclin) d'une liga sur 345 cigares (oui, j'ai augmenté le nombre par rapport au début de ce billet)..
Et un autre exemple?
CAO cigars... sans doute les champions, en tout cas ceux qui m'ont le plus marqués (avec Rocky Patel, bien sur).
Chaque liga (la recette du cigare) est décliné sur plusieurs formats...
Problème: une liga n'est pas forcément adapté à toutes les tailles... et c'est même rarement le cas.
Le contre-argument est "Laissez les amateurs choisir"... ok.
J'avoue avoir une autre conception du cigare... J'aime fumer le cigare de quelqu'un, celui du maitre de liga, toucher du doigt ce qu'il avait en tête, bref sentir le caractère du mec, pas un simple produit de supermarché ou le consommateur n'est plus un amateur... J'exagère un peu, car certains de ces cigares sont vraiment bons.
Pour CAO, une dizaine de déclinaisons différentes (CAO Brazilia, Italia, etc) et pour chacun un minimum de 4 ou 5 formats... ça me rappelle un peu la cuisine moléculaire.
Quelle conclusion de tout ça?
Qu'en matière de cigare je suis souvent d'accord avec Hamza...
J'avais été interpellé par cette phrase. Car comme Hamza, j'en ai plein le cul de deux choses: la multiplication au sein d'une même entreprise de cigare de plein de marques, poussant chacun à chercher le dernier hype cigare (j'en suis heureusement sorti...) et surtout, surtout, la déclinaison d'une même liga sur 235 formats de cigares.
Pour commencer avec la profusion de noms de marques... juste un exemple avec Tatuaje
http://www.tatuajecigars.com/site/smokes/
Alors certes sans aucun doute les amateurs aficionados les plus pointus trouveront un intérêt spécifique à chacune de ces marques... mais pour le fumeur lambda (et là je pompe complètement le propos de Hamza lors de nos échanges, mais primo, j'assume et secundo, je suis d'accord avec lui), quel intérêt?
Le buzz autour d'un nouveau cigare (the fashion business) n'est certe pas incompatible avec la recherche pointue de nouvelles saveurs sur les cigares, mais je reste encore à convaincre que tous ces cigares est un intérêt... ensuite un cigare doit-il nécessairement avoir un intérêt outre celui du plaisir? Que des entreprises s'échinent à multiplier les marques restent, sans doute, au fond leur problème...
L'autre partie, c'est la déclinaison (voir le déclin) d'une liga sur 345 cigares (oui, j'ai augmenté le nombre par rapport au début de ce billet)..
Et un autre exemple?
CAO cigars... sans doute les champions, en tout cas ceux qui m'ont le plus marqués (avec Rocky Patel, bien sur).
Chaque liga (la recette du cigare) est décliné sur plusieurs formats...
Problème: une liga n'est pas forcément adapté à toutes les tailles... et c'est même rarement le cas.
Le contre-argument est "Laissez les amateurs choisir"... ok.
J'avoue avoir une autre conception du cigare... J'aime fumer le cigare de quelqu'un, celui du maitre de liga, toucher du doigt ce qu'il avait en tête, bref sentir le caractère du mec, pas un simple produit de supermarché ou le consommateur n'est plus un amateur... J'exagère un peu, car certains de ces cigares sont vraiment bons.
Pour CAO, une dizaine de déclinaisons différentes (CAO Brazilia, Italia, etc) et pour chacun un minimum de 4 ou 5 formats... ça me rappelle un peu la cuisine moléculaire.
Quelle conclusion de tout ça?
Qu'en matière de cigare je suis souvent d'accord avec Hamza...
Back... et pour de bon! (enfin.. je crois)
Après un long moment de silence (mais pas d'inactivité), me revoici un peu de retour...
Alors pourquoi autant de temps sans le moindre message?
Manque d'inspiration? Non...
Manque de temps? Plus certainement...
Parfois j'avais une idée et en relisant le blog... "Merde, je l'ai déjà traité"... mais pas toujours. Je vous en ferais part de temps à autre.
Je constate en revanche avec plaisir que chaque jour une quarantaine de personnes visitent ce blog.
L'étape logique consisterait de produire des comptes-rendu de dégustation de cigare. Mais certains le font déjà très bien, et le site www.poignee2cigares.com permettra à la plupart d'entre vous de vous bâtir une solide liste de courses.
Alors tant qu'à faire des dégustations de cigares, autant le faire de manière (très) différente.
Ayant une (très) forte tendance à la procrastination, j'avais un projet que je finissais toujours par remettre au lendemain. Mais ayant été largement encouragé et aidé, le voici enfin sur les rails:
http://thecigarworkshop.wordpress.com/
Si vous avez cliquez sur le lien vous constaterez qu'il s'agit d'un blog video de tests de cigares en POV (en anglais et en français).
J'ai préféré le faire sur un autre blog car je souhaite consacrer celui ci à mes "pensées" sur le cigare (si cela intéresse encore quelques personnes.... merci maman).
A très bientôt ici ET là-bas!
Alors pourquoi autant de temps sans le moindre message?
Manque d'inspiration? Non...
Manque de temps? Plus certainement...
Parfois j'avais une idée et en relisant le blog... "Merde, je l'ai déjà traité"... mais pas toujours. Je vous en ferais part de temps à autre.
Je constate en revanche avec plaisir que chaque jour une quarantaine de personnes visitent ce blog.
L'étape logique consisterait de produire des comptes-rendu de dégustation de cigare. Mais certains le font déjà très bien, et le site www.poignee2cigares.com permettra à la plupart d'entre vous de vous bâtir une solide liste de courses.
Alors tant qu'à faire des dégustations de cigares, autant le faire de manière (très) différente.
Ayant une (très) forte tendance à la procrastination, j'avais un projet que je finissais toujours par remettre au lendemain. Mais ayant été largement encouragé et aidé, le voici enfin sur les rails:
http://thecigarworkshop.wordpress.com/
Si vous avez cliquez sur le lien vous constaterez qu'il s'agit d'un blog video de tests de cigares en POV (en anglais et en français).
J'ai préféré le faire sur un autre blog car je souhaite consacrer celui ci à mes "pensées" sur le cigare (si cela intéresse encore quelques personnes.... merci maman).
A très bientôt ici ET là-bas!
2011-12-31
Mon TOP 2011!!
Et oui, vous l'attendiez, alors voici le Top des cigares 2011.
Avant de vous livrer en quasi exclusivité (je l'ai déjà donné sur le forum de l'excellent site www.poignee2cigares.com) mon classement, je tiens à préciser un petit point: l'absence assez large des cubains dans ce classement. Deux raisons: la première, là ou je suis, les cigares cubains sont à des prix prohibitifs. La seconde raison est que j'en ai marre de jouer à la roulette avec les cubains, à savoir si je vais tomber sur un cigare bouché ou pas... ce qui renforce la première raison: payer encore plus cher sans savoir si on va pouvoir fumer, ça multiplie la frustration.
Sans plus attendre, voici mon classement:
1 - Padilla Miami 8-11 Salomon : il bénéficie du bonus "découverte" pour être juste devant le Gigantes... Quel cigare de Padilla!!! Un vrai festival de saveurs!
2 - Ramon Allones Gigantes : what else? Une vraie histoire d'amour entre moi et ce cigare.. c'est tout.
3 - Jaime Garcia Reserva Especial "My Father" - Toro : Mamamia... a kick in the nutzzz to wake you up. Si on oublie ce qu'est un vrai bon cigare, ce Jaime garcia se charge de vous le rappeler!
4 - Tatuaje Gran Cojonu : avec ce cigare, j'ai fait changé d'avis à un mec qui ne fume que des BHK sur les non-cubains
5 - Triple Corona Gorda cubain liga de Marc G. : un ovni, introuvable, inclassable, sans prix mais que je me devais de mettre dans ce classement
6 - Coronado by La Flor Dominicana double corona : un rapport qualité prix quasi imbattable!
7 - Pitbull Carlito (5,5 x 54): pur copinage (non, je deconne), initiative qui aurait pu juste être interessante et marketing, mais non, un vrai cigare de passionné!
8 - Casa Magna Extraordonario : alors que j'en en attendais rien, ce fut une excellente découverte, démontrant que la même liga sur différent format peut donner le meilleur comme le pire... ici on a le droit au meilleur!
9 - CAO Soprano Edition Belicoso : c'est marketing, c'est assumé, ça évolue pas, et pourtant c'est très bon! Alors pourquoi bouder son plaisir?
10 - Tatuaje Red Label robusto : je connaissais les brown label, mais le red label rentre dans ce classement par le bonus découverte... plus léger, mais très bon.
Si vous êtes en France, vous risquez de ne pas trouver tous ces cigares... à moins qu'un généreux importateur s'en charge...
Avant de vous livrer en quasi exclusivité (je l'ai déjà donné sur le forum de l'excellent site www.poignee2cigares.com) mon classement, je tiens à préciser un petit point: l'absence assez large des cubains dans ce classement. Deux raisons: la première, là ou je suis, les cigares cubains sont à des prix prohibitifs. La seconde raison est que j'en ai marre de jouer à la roulette avec les cubains, à savoir si je vais tomber sur un cigare bouché ou pas... ce qui renforce la première raison: payer encore plus cher sans savoir si on va pouvoir fumer, ça multiplie la frustration.
Sans plus attendre, voici mon classement:
1 - Padilla Miami 8-11 Salomon : il bénéficie du bonus "découverte" pour être juste devant le Gigantes... Quel cigare de Padilla!!! Un vrai festival de saveurs!
2 - Ramon Allones Gigantes : what else? Une vraie histoire d'amour entre moi et ce cigare.. c'est tout.
3 - Jaime Garcia Reserva Especial "My Father" - Toro : Mamamia... a kick in the nutzzz to wake you up. Si on oublie ce qu'est un vrai bon cigare, ce Jaime garcia se charge de vous le rappeler!
4 - Tatuaje Gran Cojonu : avec ce cigare, j'ai fait changé d'avis à un mec qui ne fume que des BHK sur les non-cubains
5 - Triple Corona Gorda cubain liga de Marc G. : un ovni, introuvable, inclassable, sans prix mais que je me devais de mettre dans ce classement
6 - Coronado by La Flor Dominicana double corona : un rapport qualité prix quasi imbattable!
7 - Pitbull Carlito (5,5 x 54): pur copinage (non, je deconne), initiative qui aurait pu juste être interessante et marketing, mais non, un vrai cigare de passionné!
8 - Casa Magna Extraordonario : alors que j'en en attendais rien, ce fut une excellente découverte, démontrant que la même liga sur différent format peut donner le meilleur comme le pire... ici on a le droit au meilleur!
9 - CAO Soprano Edition Belicoso : c'est marketing, c'est assumé, ça évolue pas, et pourtant c'est très bon! Alors pourquoi bouder son plaisir?
10 - Tatuaje Red Label robusto : je connaissais les brown label, mais le red label rentre dans ce classement par le bonus découverte... plus léger, mais très bon.
Si vous êtes en France, vous risquez de ne pas trouver tous ces cigares... à moins qu'un généreux importateur s'en charge...
2011-11-25
De vrais cigares cubains...
Ha, les cigares cubains: Montecristo, Partagas, Romeo y Julietta, Hoyo de Monterey, Roleba... euh Rolequoi?
Dans la constellation des cigares cubains, il existe quelques satellites un peu poussiéreux mais que l'on aurait tort de sous-estimer, surtout s'ils sont introuvables ailleurs qu'à Cuba. Ce sont les cigares de consommation nationale. Pour faire simple, ça fait bas de gamme, cape rêche, moche, irrégulier, pas ragoutant. J'ai eu la chance de m'en être fait offrir deux par Marc G. Ces cigares sont extrêmement abordables pour nous, riches occidentaux (et ça, même pendant la crise), de l'ordre de quelques centimes d'euros.
Marc a quelques particularités: la première est qu'il n'hésite pas à recycler les chutes de tabac lié à la coupe de la tête du cigare pour les mettre dans une pipe... et là, chapeau bas, car ça doit être du lourd et il faut avoir le palais bien accroché. La seconde est qu'il a la possibilité de mettre la main sur quelques pièces cubaines assez exceptionnelles.
Pour commencer, il m'a donner deux cigares "nationaux"... un avec une bague Roleba et l'autre avec une bague toute simple, toute blanche et sans écriture... toute simple? Non. Car c'est cette bague qui présente un intérêt quasi-historique! L'ami Marc m'avait donné une petite info: "Retire la bague, retourne là et tu verras un truc sur le verso... en fait le verso était à l'origine le recto de bague de grande marque. Lors de la révolution cubaine de 1959, il y a un phénomène de pillage des bagues des grandes marques, et petit à petit, on les retrouve, recyclé mais collé à l'envers sur des productions locales."
Le lendemain de ce cadeau, avec quelques amis, nous avons retiré la bague le plus délicatement possible et avons découvert une sublime bague dorée et gaufrée de Romeo y Julietta... datant donc des années 50. Aucun doute n'était possible, le style de la bague était définitivement d'époque.
Quelques temps après, j'ai dégusté l'un des cigares, l'autre ayant été offert lors de cette dégustation... ce qui me permis de tester les deux.
Le Roleba pour mon comparse Jean-Philippe et le "Romeo et Juliette" (avec beaucoup de guillemets) pour moi... et bah si la plupart des cigares fait pour le marché international étaient comme ces deux là on pourrait s'estimer très heureux car ils n'avaient pas grand chose à leur envier. Certes, esthétiquement c'est laid, mais après, personnellement, je m'en fous si au gout c'est bon. La question alors nous vint en tête, au delà même de la problématique du poids des taxes dans le prix d'un cigare, comment ça se fait qu'avec quelques pesos on peut obtenir un produit plus qu'honnête et totalement satisfaisant alors que l'on voit des Cohiba Behike qui exige de l'amateur moyen que je suis de vendre un rein sur Ebay afin de pouvoir s'en offrir? Ces cigares ont une autre particularité: ce sont sur ces cigares bon marché que les torcedors se font la main pendant leur 5 ans d'apprentissage avant de pouvoir accéder au roulage des cigares destinés au marché international.
Vous allez me dire "Oui, c'est intéressant, mais rien de forcément exceptionnel..." et je vous répondrais "C'est vrai". C'est là que Marc te sort... la bête, la Bugatti Veyron Supersport des cigares, le F22 Raptor de la vitole, un... un... mais un quoi d'ailleurs? La taille du cigare est inédite... jamais vu un truc pareil, les double coronas et autres barreaux de chaise peuvent aller se rhabiller en pleurant leur mère. Marc se les fait rouler personnellement avec sa propre liga (sa recette) par un torcedor. Ce sont donc des pièces uniques, du sur-mesure, la haute-couture du cigare, quand le reste est du prêt-à-porter... Si vous en rêvez, il est possible dans quelques hôtels de standing de la Havane de pouvoir s'en faire rouler à la pièce par un torcedor présent dans l'établissement.
Voici une photo avec à côté en comparaison un Double Corona (: le genre de truc que fume Dutronc):
On serait face à un... Triple Robusto Gorda... si ça ne vous donne pas la moindre idée de ce que c'est, c'est simple: c'est très très gros.
Mais ça, j'avoue que si ça impressionne, c'est assez secondaire. La durée de fumage peut même rendre l'expérience (oui, le mot n'est pas trop fort) assez chiante. L'important reste le plaisir et les saveurs dégagés par le bestiau. On va pas tourner autour du pot: c'est très bon. Du cacao, du café torréfié et du cuir beurré... plus de 3 heures de plaisir...
Donc merci à Marc de m'avoir fait profiter de ces quelques expériences uniques autour du cigare, à la fois dans ce que consomme le peuple cubain au quotidien avec ces liens avec la grande Histoire... et aussi un produit unique en son genre.
Dans la constellation des cigares cubains, il existe quelques satellites un peu poussiéreux mais que l'on aurait tort de sous-estimer, surtout s'ils sont introuvables ailleurs qu'à Cuba. Ce sont les cigares de consommation nationale. Pour faire simple, ça fait bas de gamme, cape rêche, moche, irrégulier, pas ragoutant. J'ai eu la chance de m'en être fait offrir deux par Marc G. Ces cigares sont extrêmement abordables pour nous, riches occidentaux (et ça, même pendant la crise), de l'ordre de quelques centimes d'euros.
Marc a quelques particularités: la première est qu'il n'hésite pas à recycler les chutes de tabac lié à la coupe de la tête du cigare pour les mettre dans une pipe... et là, chapeau bas, car ça doit être du lourd et il faut avoir le palais bien accroché. La seconde est qu'il a la possibilité de mettre la main sur quelques pièces cubaines assez exceptionnelles.
Pour commencer, il m'a donner deux cigares "nationaux"... un avec une bague Roleba et l'autre avec une bague toute simple, toute blanche et sans écriture... toute simple? Non. Car c'est cette bague qui présente un intérêt quasi-historique! L'ami Marc m'avait donné une petite info: "Retire la bague, retourne là et tu verras un truc sur le verso... en fait le verso était à l'origine le recto de bague de grande marque. Lors de la révolution cubaine de 1959, il y a un phénomène de pillage des bagues des grandes marques, et petit à petit, on les retrouve, recyclé mais collé à l'envers sur des productions locales."
Le lendemain de ce cadeau, avec quelques amis, nous avons retiré la bague le plus délicatement possible et avons découvert une sublime bague dorée et gaufrée de Romeo y Julietta... datant donc des années 50. Aucun doute n'était possible, le style de la bague était définitivement d'époque.
Quelques temps après, j'ai dégusté l'un des cigares, l'autre ayant été offert lors de cette dégustation... ce qui me permis de tester les deux.
Le Roleba pour mon comparse Jean-Philippe et le "Romeo et Juliette" (avec beaucoup de guillemets) pour moi... et bah si la plupart des cigares fait pour le marché international étaient comme ces deux là on pourrait s'estimer très heureux car ils n'avaient pas grand chose à leur envier. Certes, esthétiquement c'est laid, mais après, personnellement, je m'en fous si au gout c'est bon. La question alors nous vint en tête, au delà même de la problématique du poids des taxes dans le prix d'un cigare, comment ça se fait qu'avec quelques pesos on peut obtenir un produit plus qu'honnête et totalement satisfaisant alors que l'on voit des Cohiba Behike qui exige de l'amateur moyen que je suis de vendre un rein sur Ebay afin de pouvoir s'en offrir? Ces cigares ont une autre particularité: ce sont sur ces cigares bon marché que les torcedors se font la main pendant leur 5 ans d'apprentissage avant de pouvoir accéder au roulage des cigares destinés au marché international.
Vous allez me dire "Oui, c'est intéressant, mais rien de forcément exceptionnel..." et je vous répondrais "C'est vrai". C'est là que Marc te sort... la bête, la Bugatti Veyron Supersport des cigares, le F22 Raptor de la vitole, un... un... mais un quoi d'ailleurs? La taille du cigare est inédite... jamais vu un truc pareil, les double coronas et autres barreaux de chaise peuvent aller se rhabiller en pleurant leur mère. Marc se les fait rouler personnellement avec sa propre liga (sa recette) par un torcedor. Ce sont donc des pièces uniques, du sur-mesure, la haute-couture du cigare, quand le reste est du prêt-à-porter... Si vous en rêvez, il est possible dans quelques hôtels de standing de la Havane de pouvoir s'en faire rouler à la pièce par un torcedor présent dans l'établissement.
Voici une photo avec à côté en comparaison un Double Corona (: le genre de truc que fume Dutronc):
On serait face à un... Triple Robusto Gorda... si ça ne vous donne pas la moindre idée de ce que c'est, c'est simple: c'est très très gros.
Mais ça, j'avoue que si ça impressionne, c'est assez secondaire. La durée de fumage peut même rendre l'expérience (oui, le mot n'est pas trop fort) assez chiante. L'important reste le plaisir et les saveurs dégagés par le bestiau. On va pas tourner autour du pot: c'est très bon. Du cacao, du café torréfié et du cuir beurré... plus de 3 heures de plaisir...
Donc merci à Marc de m'avoir fait profiter de ces quelques expériences uniques autour du cigare, à la fois dans ce que consomme le peuple cubain au quotidien avec ces liens avec la grande Histoire... et aussi un produit unique en son genre.
2011-11-12
In bed with Claude Brasseur...
"Non chérie, je te rassure, il ne s'est rien passé avec Claude... c'était juste un soir, et en plus on avait bu... oui, on a fini au petit matin, mais je te jure, ça ne veut rien dire."
Voilà comment j'aurais pu résumer à ma femme ma fin de nuit avec Claude Brasseur...
Rembobinons un peu le magnétoscope (pour les plus jeunes, un magnétoscope était un appareil permettant de visionner des films sur des cassettes... et quand on faisait du téléchargement en pear to pear c'est que l'on avait simplement enregistrer sur cassette le film diffusé à la télé).
J'étais revenu en France pour quelques jours... des rendez-vous pour le boulot.
La soirée avait bien commencé, vers 21h. J'avais pu obtenir une place à la dernière minute pour une des très courues réunions du club "Pour une poignée de cigares" au cours de laquelle nous avions pu déguster un assez bon Por Larranaga Edition Régionale Asie-Pacifique (je crois bien un lonsdale). J'avais apprécié globalement le cigare, surtout la première moitié, puis la suite fut moins enthousiasmante, à l'inverse de la soirée qui s'avançait. Il était 23h.
Nous sommes restés avec quelques autres pour continuer la soirée après la réunion du club. Un peu de Coca, puis whisky, pour accompagner quelques autres cigares. Vers 2 ou 3h du matin, nous sommes allés dans une brasserie toute proche du boulevard Montparnasse pour se faire un frite-champagne (nul besoin d'expliquer ce que c'est...).
Mais j'avais un petit problème: l'heure avançait, je n'étais toujours pas couché et j'avais un rendez-vous le lendemain... euh, en fait le jour-même à 11h du matin.
Pour Jean-Philippe, qui me trainait dans la nuit depuis le début, aucun problème. Il suffisait de ne pas me coucher! D'autant qu'il avait l'intention de continuer la soirée au Babylone (un bar "after") et que ma compagnie n'aurait pas été de trop.
"Nicolas, il ne faut surtout pas t'endormir, sinon ça va être encore pire. Si tu restes sur ta lancée, tu seras relativement frais pour ton rendez-vous", m'assurait-il.
Je n'étais pas totalement convaincu, d'autant plus que j'étais convaincu que son "Babylone" se trouvait entre le 8ème et le 16ème arrondissement, alors que je devais repasser par le 5ème arrondissement pour me doucher et me changer... trop de trajets en si peu de temps.
"Mais le Babylone se trouve dans le 5eme..." dit-il.
Ok... c'est parti pour le Babylone.
Notre petit groupe s'était encore réduit à son strict minimum. Nous n'étions plus que trois et il était près de 6h du matin... enfin, je crois.
C'était ma première fois au Babylone. On va passer sur la déco qui pourrait même donner une crise d'épilepsie à un aveugle. Mais qu'est ce qui rend cet endroit aussi unique?
"C'est le seul endroit ou je me sens totalement tranquille, où je peux me lâcher en sachant qu'il ne m'arrivera rien... je peux laisser mon sac, mes affaires, jamais rien ne disparaîtra, l'accueil, l'ambiance, la tranquillité, tout est fait pour que je ne me soucis de rien...".... Ok je te fais confiance Jean-Philippe... et en plus il a quelques excellentes bouteilles de whisky à disposition... et que le Babylone était juste pour nous, les autres clients de la nuit n'étant pas encore arrivés.
Peu après notre arrivée, j'ai vu un homme rentré. J'ai très rapidement reconnu Claude Brasseur.
Je ne vais pas vous la jouer "J'avais toujours rêvé de rencontrer ce grand acteur, etc", non, ça n'est pas vrai. Je n'ai jamais fantasmé sur lui ou sur le fait de le rencontrer. Attention, ça ne signifie pas que je n'ai aucun respect ou estime pour son travail, bien au contraire! Je me souviens encore de son exceptionnel interprétation de Sganarelle dans le Dom Juan de Molière au côté de Piccoli... mais ça ne suffisait pas pour courir tout Paris afin de le croiser à la sortie des théâtres. Pour être tout à fait honnête quand je l'ai vu, la première personne à qui j'ai pensé, c'est Pierre Bénichou.
Jean-Philippe connaissant Claude Brasseur, il l'a invité à notre table.
J'ai donc passé le reste de la nuit à discuter avec Claude (oui, forcément, maintenant je ne l'appelle plus que par son prénom).. un Claude qui était déjà arrivé passablement imbibé et que notre table plein de bouteille de Whisky n'allait pas arranger. Nous avons discuté de tout (surtout de théâtre, de son amour de la langue française, etc) et de rien (un peu de moi...), j'ai pu constaté que malgré nos verres qui se vidaient et la nuit qui avançait, son regard restait pourtant toujours aussi claire et vif... et c'est lorsqu'il nous a imiter Michel Bouquet que j'ai compris ce qu'était un acteur:
Un acteur, c'est un mec qui complètement bourré peu se mettre à parfaitement jouer un mec totalement sobre.
Je cherchais un moment pour placer Bénichou dans la conversation, et c'est Claude qui me l'a offert lorsqu'il nous expliquait comment il n'arrivait plus à se servir des nouveaux téléphones... j'ai sauté sur l'occasion en disait "Comme Pierre Bénichou, il le raconte parfois à la radio...". A ce moment-là, son regard s'est illuminé et a dit avec plein d'émotion et de fierté: "Pierre Bénichou, c'est mon meilleur ami."
Dans cet élan, on sentait tout l'amour qu'un homme peut porter à celui qu'il considère comme un frère. C'était simple, vrai et émouvant.
Bref, je n'oublierais pas ni sa gentillesse, ni sa modestie et encore moins sa simplicité... je pourrais ainsi raconter à mes enfants cette anecdote totalement véridique: "J'ai eu Claude Brasseur qui m'a tenu le bras, m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit "je reviens, je vais pisser"".... ce à quoi ils me répondront "Mais c'est qui Claude Brasseur?"
Je suis finalement sorti du Babylone à 9h du matin... le soleil était levé et Paris s'agitait déjà depuis un bon moment. Je suis rentré prendre une douche, m'habiller pour mon rendez-vous...
Mais mon histoire n'est pas tout à fait finie.
Dans la nuit d'après, j'ai envoyé un mail à l'émission de radio sur laquelle passe Pierre Bénichou au côté de Ruquier, le seul moyen pour moi de lui faire passer un message tout simple: l'émotion d'un petit gars comme moi à entendre Brasseur dire de tout son coeur son amour pour son meilleur ami. C'était tout.
Le lendemain matin, je reçois un coup de téléphone: "Bonjour, c'est Laurette d'Europe1, on a reçu votre mail et l'on souhaiterais que vous passiez dans l'émission de Ruquier"... Le reste c'est sur ce lien... entre 5mn15 et 7mn30:
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/On-va-s-gener/Sons/On-va-s-gener-!-09-11-11-808577/
2011-11-05
Je veux un cigare! (le recyclage, c'est aussi la paresse)
Je vous ai dit que j'étais paresseux?
Le paresseux, c'est le mec qui fait bougé le monde... celui qui, trop fatigué pour faire un effort, invente un moyen pour arriver au même résultat en se fatigant le moins possible...
Ok, je suis pas Edison ou Steve Jobs, mais je revendique aussi ma part de contribution à l'Humanité... et pour m'économiser l'effort d'écrire un autre billet, j'ai décidé de recycler (je suis aussi un peu écolo) un texte que j'avais écrit y'a pas si longtemps... ce n'est pas la première fois que je le fais (souvenez-vous, le Top des cigares 2009)..
Et ce texte n'a pas perdu de sa fraîcheur... au contraire (Ce qui aurait été étonnant, ayant été écrit que cet été):
Le paresseux, c'est le mec qui fait bougé le monde... celui qui, trop fatigué pour faire un effort, invente un moyen pour arriver au même résultat en se fatigant le moins possible...
Ok, je suis pas Edison ou Steve Jobs, mais je revendique aussi ma part de contribution à l'Humanité... et pour m'économiser l'effort d'écrire un autre billet, j'ai décidé de recycler (je suis aussi un peu écolo) un texte que j'avais écrit y'a pas si longtemps... ce n'est pas la première fois que je le fais (souvenez-vous, le Top des cigares 2009)..
Et ce texte n'a pas perdu de sa fraîcheur... au contraire (Ce qui aurait été étonnant, ayant été écrit que cet été):
"J'en ai marre, plein le cul, ras le bol... du cigare ? Non ... mais de la surenchère des marques, des modules, des blends, des bagues, des "tu connais pas la dernière marque, à découvrir absolument", pour te rendre compte que, même si c'est bon, bah, tu l'as déjà fumé ailleurs ce truc... la bague et le nom étaient différents certes, mais bon ... c'est le serpent qui se mord la queue.
Alors le Master Torpedo Maduro Double XXL "All the way" special edition Macarena WIngle On the Rocks O'reilly's of the Family de la Habana (or Del Caribe pour éviter les avocats de Habanos SA), avec une bague qui ferait passer la chevalière du comte de Paris pour une discrète marque de bronzage sur le petit doigt, bah ça finit par me gonfler.
Ne vous y méprenez pas! ça ne veut pas dire que ces cigares ne sont pas bons, que les fabricants n'ont pas fait leur boulot, comme je l'ai dit en introduction, j'aime les fumer, mais j'aime pas qu'on m'envoie sur toutes les boutiques pour trouver les soit-disantes raretés pour me rendre compte que le Master Torpedo Maduro Double XXL "All the way" special edition Macarena WIngle On the Rocks O'reilly's of the Family de la Habana n'était pas en fait si différent du Cloromano del Principe Triple twist maduro que j'ai fumé y'a quelques mois...
Alors je vais fumer un bon Gigantes de chez Ramon Allones, une marque avec UN double Co, UN Robusto et UN minutos dans sa gamme classique et quelques ER/EL ... et c'est tout... Le cigare, c'est pour me détendre, pas autre chose.
Mais je vous dis ça... je vais surement être le premier à vous parler du prochain Nicaragua "qui déchire tout" ... Nous n'en sommes pas à un paradoxe près ..."
J'avais oublié de vous préciser que ce texte s'intitule "Je veux un cigare... juste un cigare" et que je l'avais déposé à l'origine sur le site P1P2C
Alors faisons une petite analyse de texte, qui sera forcément juste car l'auteur du texte et son analyste ne sont qu'une seule et même personne, moi en l'occurence.
Je vais donc, mes amis, prendre l'exemple de quelques marques afin d'illustrer clairement mon propos.
Ramon Allones: sur le catalogue Habanos S.A. je trouve trois modules pour cette marque: le double corona avec le Gigantes, le robusto avec le Specially Selected, et le minutos avec le Small Club. Avec ces trois module, peu de risque de s'y perdre...
Rocky Patel: 19 Catégories de cigares recouvrant environ une centaine de type de cigares différents (j'ai arrêté de compter autour de 80-85)!... avec, par exemple, le Rocky Patel Vintage 1999 Sixty by Sixty...
Donc si vous êtes perdus au milieu de toutes ces marques, ces références, ces noms, ces modules, etc, c'est que vous êtes normal. La surenchère ne sert pas à grand chose selon moi, et le pire c'est que je ne suis pas sûr que ceux qui font ces cigares ont pris conscience du ridicule de ces noms à rallonge... Si le cigare est bon, le nom importe peu.
2011-11-04
Non, je ne suis pas mort...
Comme l'indique judicieusement le titre de ce billet, je suis toujours vivant.
Pour toutes les personnes qui se sont interrogés sur une si longue absence, je vous rassure, je n'étais pas en train de soigner un incurable cancer de la gorge, pas même un aphte...
Ceux qui me connaissent savent que j'ai eu la chance de pouvoir réaliser un rêve... changer de vie... complètement. Donc forcément, moins de temps et d'argent pour ces indispensables futilités que sont les cigares et s'ajoute à ça une bonne part de paresse, et le blog se fait silence.
Mais j'ai dorénavant plus de temps, enfin installé dans mon nouveau chez moi, dans un nouveau pays... et forcément lorsque l'on arrive dans un nouvel endroit, l'amateur de cigare a un premier réflexe: où vais-je donc me fournir en cigares?
Etant passablement atteint côté monomanie du cigare, avant même de changer de pays, j'avais au préalable vérifier les endroits où je pourrais acheter... Quelques déconvenues... et beaucoup de bonheurs!
Premier bonheur... LIBRE. Je peux totalement m'exprimer, sans aucune retenue et sans crainte de procès. Ici, pas de loi aussi restrictive...
Mais faisons donc un petit retour en arrière avant de poursuivre. Car entre mes "je vais poster ailleurs" et autres "finalement je reviens" pour finir un an en silence radio... j'avoue que j'en suis plus à une connerie prêt.
Quand on reprend un blog somnolant, voir quasiment comateux, on jette un léger coup d'oeil à son oeuvre et l'on se dit "Ah la vache, j'ai écrit ça?!?"
Et cette réflexion trouve son origine dans trois raisons:
Primo, j'avais une valise complète d'idées pour poursuivre le blog, et je me suis rendu compte que la valise allait rapidement se transformer en sacoche banane... et pour cause, toutes ces super idées d'articles, je les avais déjà utilisé dans mes précédents articles.
Secundo, on se rend compte à quel point sur certains articles on écrit comme un pied que c'est bourré de fautes (et encore, c'est pas le pire), bref, qu'on a surestimé ses talents d'auteur....
Tertio, on se rend compte à quel point sur certains article on écrit vachement bien et que c'est bien tourné (et encore, je suis modeste), bref, qu'on a sous-estimé ses talents d'auteur...
Je préfère ne pas rajouter un Quarto sur les conneries que j'ai pu écrire ici et là...
Donc je vais continuer en racontant mes aventures cigaristiques... toujours aussi avare en compte-rendu de dégustations (ça viendra sans doute), mais riche en rencontres humaines... et c'est bien le but.
Pour toutes les personnes qui se sont interrogés sur une si longue absence, je vous rassure, je n'étais pas en train de soigner un incurable cancer de la gorge, pas même un aphte...
Ceux qui me connaissent savent que j'ai eu la chance de pouvoir réaliser un rêve... changer de vie... complètement. Donc forcément, moins de temps et d'argent pour ces indispensables futilités que sont les cigares et s'ajoute à ça une bonne part de paresse, et le blog se fait silence.
Mais j'ai dorénavant plus de temps, enfin installé dans mon nouveau chez moi, dans un nouveau pays... et forcément lorsque l'on arrive dans un nouvel endroit, l'amateur de cigare a un premier réflexe: où vais-je donc me fournir en cigares?
Etant passablement atteint côté monomanie du cigare, avant même de changer de pays, j'avais au préalable vérifier les endroits où je pourrais acheter... Quelques déconvenues... et beaucoup de bonheurs!
Premier bonheur... LIBRE. Je peux totalement m'exprimer, sans aucune retenue et sans crainte de procès. Ici, pas de loi aussi restrictive...
Mais faisons donc un petit retour en arrière avant de poursuivre. Car entre mes "je vais poster ailleurs" et autres "finalement je reviens" pour finir un an en silence radio... j'avoue que j'en suis plus à une connerie prêt.
Quand on reprend un blog somnolant, voir quasiment comateux, on jette un léger coup d'oeil à son oeuvre et l'on se dit "Ah la vache, j'ai écrit ça?!?"
Et cette réflexion trouve son origine dans trois raisons:
Primo, j'avais une valise complète d'idées pour poursuivre le blog, et je me suis rendu compte que la valise allait rapidement se transformer en sacoche banane... et pour cause, toutes ces super idées d'articles, je les avais déjà utilisé dans mes précédents articles.
Secundo, on se rend compte à quel point sur certains articles on écrit comme un pied que c'est bourré de fautes (et encore, c'est pas le pire), bref, qu'on a surestimé ses talents d'auteur....
Tertio, on se rend compte à quel point sur certains article on écrit vachement bien et que c'est bien tourné (et encore, je suis modeste), bref, qu'on a sous-estimé ses talents d'auteur...
Je préfère ne pas rajouter un Quarto sur les conneries que j'ai pu écrire ici et là...
Donc je vais continuer en racontant mes aventures cigaristiques... toujours aussi avare en compte-rendu de dégustations (ça viendra sans doute), mais riche en rencontres humaines... et c'est bien le but.
2010-08-23
Partagas Forever
Dans le cigare, j'ai un défaut. Je suis un grand défenseur des terroirs alternatifs. C'est quoi? Tout simplement "Tout sauf Cuba". Cuba c'est le cigare, et le cigare, c'est Cuba. Impossible de penser au cigare sans penser à Cuba. Les marques les plus célèbres, les fabriques de légende, les saveurs uniques du tabac cubain... Tout contribue à la légende des cigares cubains. Mais comme toutes les légendes, quelle est la part de vérité et la part de rêve (pour ne pas dire de mythologie)?
Tu prends un cigare cubain, tu le humes, le touches... prometteur, tu le coupes... et là, impossible de le fumer, une bûche... le cigare est trop serré. Tu remets ça avec un autre, même punition. Il aura fallu attendre le troisième cigare pour enfin tomber sur un cigare fumable. Bref, c'est la loterie. En revanche, quand tu tombes sur un bon cubain, là tu ne regrettes pas... une complexité, une évolution que l'on ne retrouve que difficilement ailleurs. A force d'être déçu par les cubains, j'avais fini par ne fumer qu'essentiellement des non-cubains (et du Nicaragua surtout... le terroir qui monte!) car ailleurs, rares sont les soucis de ce genre... Mais voilà...
Rendez-vous chez Jean-Philippe... Qui est Jean-Philippe? Un ami... et c'est déjà ça...
J'arrive chez lui, Jean-Paul (un autre ami) est déjà présent.
C'est la première fois que j'avais l'occasion de venir chez lui. Son appartement est une sorte... de... vous voyez ces boutiques du genre "Cabinet de curiosités"? On s'en approche. On croit que c'est le bordel... et en effet, ça l'est, mais tout est pourtant bien agencé et organisé. Suffit d'en être l'architecte. Voilà! un architecte qui n'aurait pas conçu un lieu pour que les gens y vivent, mais un lieu pour que lui y vive... aux autres de s'adapter.
"Ma femme préfère les ambiances plus dépouillés, genre japonais-zen... c'est raté" nous dit-il.
Je confirme... c'est raté.
Mais notre petite assemblée ne s'est pas réuni pour digresser sur la décoration, mais pour un sujet autrement plus sérieux se résumant en une lettre et un chiffre: D3.
Non, il ne s'agit pas du dernier film de Jean-Jacques Beinex, suite improbable d'IP5 qui aurait en charge d'achever Belmondo après s'être occupé de Montand, mais d'un cigare... un cubain. Le Partagas D3, édition limitée 2006, un Corona Gorda. Tombé amoureux de ce cigare, Jean-Philippe en avait acquis un certain nombre de boites, nombre que la décence m'interdit de révéler.
L'armoire à cigare de Jean-Philippe est simplement un bonheur pour les yeux... surtout quand on sait qu'il ne s'agit que d'une partie de sa collection. Et pour y caser toutes les boites de cigares, il faut assurément avoir une parfaite maîtrise de Tetris.
Après avoir casser la croute "à la bonne franquette", précédé d'une dégustation de Pinot noir des Charentes (que je ne connaissais pas, et je regrette de ne pas avoir connu avant!), il nous a sorti une des boites de D3. On a quasi religieusement choisi nos cigares comme l'enfant de choeur son hostie. Le vin de messe fut un whisky Michel Couvreur. Jean-Philippe nous avertit "J'adore ce cigare, même s'il n'est pas très évolutif".
Coupage...
Allumage...
...
...
...
Cacao...
Boisé...
Cacao...
Torréfié...
Epices légères...
Cacao...
Encore...
Symphonie sur un thème de Cacao... Moment fabuleux...
Le tout sur une musique variant entre le Jazz et le Blues...
Lumière tamisée pour l'ambiance.
Je me revois en train de discuter et les volutes de fumée sortant de ma bouche cachant le visage de mes interlocuteurs.
Il a parlé de Jazz... j'y connais pas grand chose... et j'aime apprendre.
On a échangé.
On a ouvert une autre bouteille de whisky... Nikka Coffee grain 1992... Ceux qui connaissent apprécieront... j'ai apprécié. Ce whisky est une friandise.
On a parlé photo... j'y connais encore moins... et donc j'aime encore plus apprendre. C'est à ce moment que je me rends compte que le cabinet de curiosité est surtout un musée vivant de la photographie... Fascinant et Impressionnant.
Un autre cigare? OUI!
On continue sur Partagas avec le Salomon.... celui sans la bague Casa del Habano... tant mieux.
Je fais un geste que je voulais réaliser depuis longtemps. J'allume mon Salomon avec le foyer encore chaud de mon D3, façon fumeur de clope...
Là, ma bouche se remplit littéralement de parfum, je suis presque à saturation tellement c'est riche... et ça ne s'arrange pas durant la dégustation avec une puissance qui s'installe. On se rend compte que le cigare est si riche que le cerveau arrive à saturation d'informations...
Une seule solution: se laisser porter par le courant et ne plus réfléchir... chaque bouffée surpasse la précédente. Dans un cigare j'ai tout le savoir faire Partagas, toutes les saveurs de cette marque... C'est trop... mais c'est bon. Boisé, épices, cacao, réglisse, et je vous passe le reste...
Je regarde l'heure... Putain, plus de deux heure du matin! Je croyais qu'il était à peine minuit...
J'essaie de me lever...
Je réessaie de me lever...
Je prends congé de mon hôte et le remercie pour l'accueil, les cigares et sa présence... Tout à contribuer à ce moment. Moi et deux amis, quelques cigares, des moments rares et j'apprécie ma chance.
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Ici Londres...
On a beau pester, on n'est pas non plus en temps de guerre, et je vais pas jouer les Jean Moulin d'opérette.
Donc me revoilà, ici, parmi vous... et on emmerde ceux qui sont tenter (je dis bien tenter, car pour le moment, ils n'ont pas fait tomber la lame de la guillotine judiciaire) de nous empêcher de parler du cigare: je parle bien sûr de la DNF et de son "célèbre" président Gérard.
Attention! Je n'ai rien contre la DNF (Droit des Non-Fumeurs) et encore moins contre son président. Je ne trouve rien à redire au but affiché par l'intitulé de cette sympathique association, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit! Je suis tout à fait pour respecter le droit de ceux qui n'ont pas demandé à respirer la fumée de tabac de quelques incorrigibles amateurs de bonnes choses.
Non, ce n'est pas du tout ça, cela va sans dire.
Mais qu'on empêche ceux qui sont intéressés par ce sujet, quelque peu frivole, j'en conviens, d'échanger, de partager et de discuter sur internet ou ailleurs, alors même que ce que nous disons n'est nullement une incitation à la haine ou à la violence, alors là, les bras m'en tombent. Ceux que ça n'intéresse pas ont la possibilité de faire une chose incroyable... fermer la fenêtre dans laquelle se sont affichés ces petits mots autour du cigare. C'est un peu comme le bouton "off" de la télécommande pour ceux qui trouvent qu'il n'y a que des conneries à la tv et continuent pourtant de la regarder.
Mais comme le dit l'expression du célèbre Robert Foulcan - pour ceux que ça intéresse, Robert Foulcan était l'un des noms d'emprunt qu'aurait utilisé Boby Lapointe en s'enfuyant du STO - pendant son errance dans l'Hérault :"Courage fuyons!"
Donc, je fuis... hors de France... hors d'Europe... mais tout près finalement. Donc si DNF&Co veulent voir ce blog disparaître, bon courage, car il faudra s'en prendre à l'hébergeur aux USA, et à moi qui ne suis même pas en France.
Dommage Gérard...
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2010-03-23
De retour
Un long silence...
Je vous explique (car malgré tout, j'ai reçu entre temps des commentaires, des encouragements et j'ai vu que plusieurs dizaines de personnes venaient courageusement lire ce blog).
Un autre blogueur (El Torcedor pour ne pas le nommer) a eu peur, et légalement pour de bonnes raisons, d'être attaqué en justice pour propagande en faveur du tabac... et peu importe que le site soit basé aux USA, ce qui compte c'est que l'auteur soit en France.
Il a donc décidé de totalement privatiser le site en s'inscrivant avec un pseudo et un mot de passe... God Damned... Vais-je devoir en faire autant?
J'ai fait les choses simplement... j'ai posé la question directement au président de la DNF (Droit des Non-Fumeurs) par mail.
Question: Qu'est ce que je risque?
Réponse: Légalement, vous risquez en effet d'être attaqué.
Question: Oui, mais allez vous m'attaquer vraiment?
Réponse: Légalement, c'est un risque.
Question: Mais Concrètement?
Réponse: Légalement... enfin, selon notre interprétation...
OK... Je vois... ça fait "Y'en a qui ont essayé, mais ils ont eu des problèmes..."
Perdre un procès, ce n'est même pas le problème... le problème c'est déjà d'être attaqué... pas l'argent, pas l'énergie, pas l'envie.
Donc je vais devoir fermer le blog... Vous pouvez ainsi constater la difficulté de communiquer autour du cigare, juste parler de sa passion est devenu une prise de risque, et pourtant je n'ai rien d'un révolutionnaire ou d'un résistant. Toutes les conneries autour de "la lutte contre l'hygiénisme, la bien-pensance et le politiquement correct", très peu pour moi; les "Jean Moulin" du dimanche se passeront de moi.
Fermer ce blog ne signifie pas me taire! Car je vais donc transférer ce blog qui changera donc de forme.
Vous pourrez donc retrouver les billets que j'ai déjà écrit et ceux à venir sur le site suivant www.poignee2cigares.com sous la forme d'édito (Quelle promotion! Quelle classe! je passe du statut de blogueur à celui d'éditorialiste...). Ce site permet d'être légalement protéger et d'éviter les attaques judiciaires... ouf... Il faudra donc juste s'inscrire si ce que j'écris vous intéresse...
2010-02-07
La cave à cigare... l'autel de l'amateur...
Le fumeur de cigares que je suis a finit par créer sa propre religion, avec ses rites, ses codes. Cette adoration tourne autour du Cigare, son pèlerinage se fait dans une Civette, il fume en se tournant vers Cuba, et son autel est la Cave à cigares et le Cigare est bien sur la victime expiatoire mise à mort lors de ce sacrifice religieux. J'aime bien cette idée de rites autour de l'objet, entre le choix du cigare, la coupe, l'allumage et la dégustation. Comme j'évite de professer sur ce qui est bien et pas bien, je précise donc que chacun finit par se faire ses propres habitudes. J'en connais qui fument le cigare depuis près de 30 ans et continuent à le lécher dans tous les sens, façon revival Brigitte Lahaie 1975, alors que ça ne sert à rien, mais c'est pas grave, ça fait partie de leur gestuelle, et pas forcément sûr qu'il apprécie autant sa vitole sans ça. Ah, j'oubliais, la vitole, je ne sais pas si je l'ai dit, mais c'est l'autre nom que l'on donne au cigare, on a quelques noms comme ça, on dit parfois aussi module, les deux termes renvoyant d'ailleurs à la taille et au format du cigare.
Ma cave à cigare est de la taille d'un gros four micro-onde et ressemble exactement à ça:
Quel émotion lorsque je l'ai reçu à la maison.. avant je possédais un truc bien plus petit avec trois petits tiroirs, avec en plus une toute petite cave du format d'une grosse boite à bijoux.
C'est le début de la fin, un engrenage qui ne finit pas... Je vérifie chaque jour si l'humidité de la cave est autour des sacro-saints 70% à une température autour de 18/20°... et bah c'est jamais le cas. Est-ce important?
"Un cigare, tu sais qu'il est bon si en le tâtant il te semble à ton goût, les 70 de mon cul et les 18 de mes couilles, on s'en branle." m'a t-on sagement dit un jour. C'est vrai, mais la surveillance du taux d'humidité fait pour moi parti du rite.
"AH MERDE, je descends en dessous de 65%! Capitaine, on frôle les 60%! En plus on est à 12°C dans la cave!"
Pas de panique.. je sors les cassettes pour y mettre de l'eau, j'aère le tout, je monte la température à la maison... ouf, ça va mieux.... d'autant qu'au delà d'une certaine température, les lasiodermes, des petits insectes qui mangent le tabac, se mettent à éclore.
"Capitaine, on est trop haut, on est à 80% et ça baisse pas!"
Diantre! (Bordel en français), ouvrons la cave et laissons un peu d'humidité s'en échapper... ou alors mettons-y des Ashton VSG... ces cigares se conservent le mieux à 80%.
Oui, pour ne pas faciliter les choses, y'a des cigares qui se conservent mieux à une certaine hygrométrie que d'autres. Aucune idée pourquoi, c'est encore totalement empirique, on l'a constaté.
Toujours dans le constat, on essaiera de séparer les différents terroirs dans sa cave, en particulier entre cubains et non-cubains, car les cigares absorbent les saveurs et les odeurs comme des éponges avec l'eau. J'ai remarqué que les non-cubains qui étaient conservé à plus de 70% (on va dire autour de 75%) offraient de meilleurs qualités gustatives.... et encore je vous parle pas de l'humidité relative.
Pour faire simple, quand on dit que la cave doit être à 70%, c'est à une température de 18°C, en revanche si on a 70%, mais à 22°C, l'humidité réelle est au dessus de 70% (genre 75/80)... et en plus faut faire de la physique.
Mais c'est pas grave, tant que les cigares sont bons quand on les fume... Au final, la cave fini par acquérir une identité, au cours du temps et de l'entretien qu'on lui porte. Elle se personnalise et maintenant je sais que mes cigares, après un certain tâtonnement dans l'hygrométrie, sont dorénavant à mon goût... ou alors que tout ça se joue dans ma tête, mais c'est pas grave, car au final, j'y prends du plaisir, en passant du temps à m'en occuper, puis à observer mes cigares, me demander lequel va passer sous la guillotine, lequel va partir avec moi pour ma longue procession vers le fumoir... oui, ça j'aime.
2010-01-28
L'évolution d'un fumeur
Ce que je vais vous dire est totalement empirique... c'est de l'ordre du constat, de l'expérience vécue. Mais avant d'établir ce constat, des amis et moi avons remarqué qu'il existait deux catégories de consommateurs de cigares:
Tout d'abord, le fumeur de cigares qui achète toujours la même marque, le même module, etc. Il a trouvé son bonheur (et tant mieux pour lui! Qui viendrait le lui reprocher?) et ne voit pas pourquoi il irait chercher ailleurs, c'est pas faux, l'approche est respectable. Cette catégorie semble d'ailleurs regrouper une majeur partie des acheteurs de cigares. Ils achètent par boîte entière, un peu comme d'autres vont acheter leur paquet de clope.
Ensuite, les amateurs de cigares... Là, messieurs, dames, c'est autre chose. Ce sont les autres, qui papillonnent d'une marque à un autre, d'un module à un autre. On butine tranquillement, cherchant à découvrir de nouvelles saveurs, à se faire surprendre par une nouvelle marque, un nouveau cigare. Vous l'aurez compris, je suis plutôt dans cette seconde catégorie.
Dans cette dernière, on a observé qu'en général l'évolution s'opérait de la manière suivante: tout d'abord on aime les robustos (vous vous souvenez? C'est ce format que je vous avez conseillé pour commencer).
Il est pratique, pas besoin de délicatesse particulière, pas trop long, pas trop assommant, bref, c'est cool, c'est sympa, on en redemande... Mais au bout d'un moment, on s'en lasse, peut-être trop court? On cherche un peu autre chose, on veut butiner ailleurs. Vient ensuite le double corona, le churchill et autres cigares taillés façon "barreau de chaise".
(le cigare est tellement grand qu'il dépasse du cadre de l'image!)
Un train de sénateur, une croisière tranquille sur la mer, on se laisse porter par ces longs et gros cigares, c'est pas forcément le grand huit, mais comme on s'est habitué à supporter le cigare plus longtemps, ça compense la frustration d'un robusto plus assez long... Et sans forcément se lasser des deux précédents, on cherche encore la nouveauté... et là, on attend ces petits bijoux, ces chefs d'oeuvre d'orfèvrerie que sont les grand panatellas, les lonsdales et autres modules plus fin, moins épais, plus féminin, plus sensuel...
(Pareil pour celui ci... on le voit pas en entier)
Le fumage devient très différent car comme ces vitoles sont plus serrées, ils prennent aussi le risque de chauffer plus rapidement, ce sont des jeunes filles délicates! Il ne faut pas les brusquer, il faut les séduire, les approcher délicatement... des aspirations légères, espacées permettent à ces cigares de dévoiler leur finesse. Quel bonheur... et
quel gâchis de voir une partie de ces cigares retirés du catalogue cubain, heureusement que les non-cubains résistent malgré cette mode des cigares façon "petit gros joufflus"...
J'ai choppé les images sur un site épatant www.cubancigarwebsite.com le robusto présenté est le D4 de Partagas, le Double corona est le Lusitania toujours de Partagas, et le panatella est de Por Larranaga.
2010-01-22
Le TOP 2009
Sur le forum de l'excellent club "Pour une poignée de cigares" dont j'ai l'honneur d'être membre (du forum et du club), notre bien aimé Président (Gloire à lui) nous a posé une série de questions pertinentes:
# Vos 5 cigares préférés sur 2009. Ce ne sont pas nécessairement des cigares de l'année 2009 mais plutôt ce que vous avez beaucoup fumé donc aimé ou encore ceux qui vous ont le plus marqué positivement, un peu d'argument sera le bienvenu.J'ai répondu à ce petit questionnaire:
# Votre marque préférée (tout terroir confondu). Un peu d'argument sera le bienvenu.
# Les 3 ou 5 cigares que vous n'avez pas du tout aimé, un peu d'argument sera le bienvenu.
# Votre marque détestée sur cette année.
# Votre personnalité cigare préférée.
# Votre personnalité cigare détestée.
# Vos 5 cigares préférés sur 2009. Ce ne sont pas nécessairement des cigares de l'année 2009 mais plutôt ce que vous avez beaucoup fumé donc aimé ou encore ceux qui vous ont le plus marqué positivement, un peu d'argument sera le bienvenu.Et voilà comment on écrit sur son blog en recyclant ce que l'on a écrit par ailleurs.
Dans le désordre:
Ramon Allones Gigantes... majestueux, tout le savoir faire cubain dans un cigare.
Saint Luis Rey DC... découvert cette année, fabuleux, une marque que j'apprends à découvrir
Oliva série V Lancero... fin, maitrisé, le meilleur et le plus intéressant de la série V.
Padron 1926 séries 40th anniversary... puissance pied au plancher, riches, cher mais on en a pour son argent.
Bolivar Gold Medal... refumé un hier soir, THE Dalia... aucun problème de construction et de tirage (cf Inmensas)
# Votre marque préférée (tout terroir confondu). Un peu d'argument sera le bienvenu.
Ramon Allones... je suis amoureux de cette marque.
# Les 3 ou 5 cigares que vous n'avez pas du tout aimé, un peu d'argument sera le bienvenu.
Bolivar Inmensas... ne hurlez pas, mais même si je n'en ai pas fumé 5000, la moitié des quelques un acquis était bouchés.
RyJ petit corona... je déteste, aucun caractère.
Padron 1926 80th anniversary... hors de prix pour un pétard mouillé
P2 Tube... pas reconnu le P2 dans le Tube.
# Votre marque détestée sur cette année.
ACID de Drew Estate
# Votre personnalité cigare préférée.
Je pourrais dire ceux avec qui je fume régulièrement (toctoc, dr fred, Le prez', gdpe, pupilux, Peintre, Mr Malek du Cubana, Michel, jean-Paul, etc) et ceux que je côtoie depuis 2007 (Manu, Carl&cyril, Sandro), mais on va jouer le jeu en se limitant aux personnes du monde du cigare que j'ai découvert en 2009... Guillaume Tesson.
# Votre personnalité cigare détestée.
y'en a une poignée... de connards.... mais ils sont insignifiants et ne méritent donc pas d'être cité.... Pour faire simple tout ceux qui confortent une image élitiste et inaccessible du cigare.
Plus sérieusement, car c'est malgré tout intéressant, je vous invite à consulter les diverses réponses qui ont été données sur Pour une Poignée de Cigares. Je vous reparlerais d'ailleurs du club dans quelques temps...
2010-01-21
Cubain contre Non-Cubain?
En voici une bonne question, laquelle, vous vous en doutez, appellera une réponse nuancée du genre "ptet bin qu'oui, ptet bin qu'non", car si les cubains ont une réputation qui les précède, vous auriez tort de négliger les autres terroirs qui ont beaucoup à offrir.
Les vieux fumeurs de cubains ne cesseront pas de le répéter "Rien ne vaut un cigare cubain, le reste, c'est chiant, c'est pas bon".
Ils ont raison, oui, de leur point de vue, ça n'est pas faux du tout. Imaginez donc que vous ayez fumé pendant 25 ans que des cubains, forcément, si l'on te fout dans la gueule un cigare du Honduras, tu vas faire la gueule: c'est une question d'éducation du palais... et pourtant, ailleurs, y'a du très bon aussi.
Donc tous les gouts sont dans la nature, et cet article que j'essaie d'écrire, au fond, ne sert à rien....
Mais non! Car sur le titre "Cubain contre Non-Cubain?" j'ai mis un point d'interrogation! Plutôt que d'opposer on va essayer d'analyser et éviter les petites guerres du genre "Mac ou PC", Xbox ou Playstation", "fromage ou dessert"... nous valons mieux que ça.
L'objectif va donc de plutôt tenter de dire les différences que l'on retrouve en général entre ces deux types de cigares et non pas de dire si je préfère tel ou tel terroir.
Je ne vais pas que m'inspirer de mes propres expériences mais aussi de celles de mes amis amateurs de cigares avec lesquels nous dissertons régulièrement sur le sujet.
Avant de commencer, je voudrais rendre un tout petit hommage à Mr Malek du Cubana (non, il n'est pas mort, il est bel et bien vivant à l'heure ou j'écris ces lignes), qui ne jurant que par le cubain, et en particulier Cohiba, a admis sur un cigare du Nicaragua que je lui ai fait gouté qu'il était très bon et qu'il pourrait tout à fait le confondre avec un Cohiba, donc à son gout... QUEL COMPLIMENT!
Alors pourquoi faire une séparation entre Cuba et les autres? Pourquoi pas faire Cuba contre Nicaragua, puis Nicaragua contre Honduras, etc. Je n'en sais rien... c'est comme ça. L'imaginaire cigare est tellement lié à Cuba qu'on finit par lui opposer d'office le reste du monde.
Commençons par Cuba: le cigare cubain, c'est une histoire d'amour... tu l'aimes, tu lui pardonnes même ces défauts que tu trouverais impardonnables chez les autres. Une cape un peu rêche? C'est pas grave ma chérie, ça ira mieux demain. Un tirage déplorable? Ca arrive, c'est énervant, mais on sait qu'il faut parfois s'y attendre... au pire je te ferais une petite infidélité... mais je reviendrais à toi. Voilà les quelques défauts que l'on retrouve chez les cubains... parfois le cigare a pas une super gueule, mais surtout, j'insiste, le gros soucis avec les cubains, ce sont les soucis de constructions qui reviennent régulièrement. Ah les salauds, je m'en souviens encore... J'étais allé acheter un cigare, un Bolivar Inmensas, un dalia, donc un cigare pas très épais, sans être super fin, je coupe... une buche, totalement bouché, rien à faire. Pareil de temps à autre avec le Partagas Mille Fleurs, un petit corona. Idem avec quelques Double Corona du genre Gigantes, que pourtant j'adore totalement... ce qui augmente d'autant plus ma colère et ma frustration, et je ne parle même pas des Por Larranaga Montecarlo. Il faut savoir que les cigares sont supposés être testé pour vérifier leur tirage... je dis bien "supposés", car quand sur une boite, on tombe sur cinq ou six cigares bouchés, une seule conclusion s'impose: on se fout de notre gueule. A croire que lorsqu'il leur manque quelques cigares pour compléter une boite, il pioche dans les cigares rejetés par leur test de tirage... Et pour finir, sur une même boite, on a des cigares qui peuvent avoir des saveurs si différentes, à se demander si on fume le même cigare, c'est anarchique, chaotique, c'est la roulette russe à chaque allumage, je ne sais pas sur quoi je vais tomber.
Mais pourquoi j'y retourne? Car les cubains possèdent une évolution tout au long de la dégustation, une complexité et une richesse sans égale. Est-ce le terroir? Le savoir-faire? J'en sais rien... mais quand on a la chance de tomber sur un bon cubain, quel pied!
Il est d'ailleurs fort dommage qu'en ce début d'année, Habanos (la société cubaine de cigares) est réduit son catalogue en mettant à la poubelle certains des cigares les meilleurs, comme la série du connaisseur de Partagas dont j'ai parlé dans mon article sur le premier achat. Des cigares moins à la mode, pas assez épais et trop long... certains diront "pas assez bling bling". La mode est au petit gros... dommage... snif... on veut du gros dans la bouche et qui dure pas trop longtemps, par manque de temps.
Comment donc les cigares non-cubains tirent elle leur épingle du jeu? En quelques mots: régularité, construction, tirage, aspect. Oui, les cigares non-cubains, ont, en général, une plus belle gueule que les cubains... Attention, c'est une généralité qui ne signifie pas que les cubains sont moches. Encore récemment on m'a montré une boite de Partagas 898 absolument sublime et inversement, j'ai vu des cigares dominicains à l'allure dégueulasse, mais si tu ouvres cent boites de cubains et cent boites de non-cubains, tu auras plus de chance de tomber sur de beaux cigares en non-cubains. Mais la beauté ne fait pas tout, vient ensuite le tirage, et alors là, c'est tout de même le gros point fort des non-cubains. Mes potes et moi avons peut être de la chance, mais nous ne sommes jamais tombés sur un seul cigare non-cubain totalement bouché, au pire un peu résistant, mais rien de scandaleux, et si ça avait été un cubain, on ne l'aurait même pas relevé. Je finis sur la régularité; on n'a pas la même appréhension en allumant un non-cubain de savoir si on va fumer un truc bon ou pas, non pas que les cigares non-cubains soit tous bons, y'a de la merde aussi (certains diront même surtout), mais au moins, la merde non-cubaine, on la connait et on sait l'éviter, comme la cubaine d'ailleurs, là je vous parle de cigare que l'on connait, qu'on aime et dont la réputation n'est plus à faire auprès de nos papilles délicates.
Le défaut des non-cubains reste donc la linéarité... ouais, parfois on se fait un peu chier. Forcément, si on est accompagné, que l'on lit un livre ou que l'on matte les filles en terrasse (si, si, je sais que tu t'es reconnus), c'est pas grave, le cigare t'accompagne simplement, mais si comme moi, de temps en temps, tu veux déguster ton cigare, ça peut être plus gênant. Encore une fois, c'est une impression générale, ce n'est pas sytématique, y'a des cubains qui sont chiants comme la mort et des non-cubains qui sont enthousiasmant de diversité au cours de la dégustation... je repense à un Nicarao Anno IV Julieta 2 (du Nicaragua comme son nom l'indique) que j'ai fumé qui était une vraie petite promenade, entre des saveurs crémeuses, caramel, mocha... j'arrête, j'en bave encore. Une remarque sur les non-cubains que Carl d'Art Tabac m'a dite et qui n'est pas fausse: sur les non-cubains, les cigares nécessitent un temps de repos avec une humidification plus importante dans la cave afin qu'ils puissent pleinement développer leurs arômes, en allant jusqu'à plus de 80% d'humidité pour les Ashton VSG, pour 70% pour les cubains. Je suis pas un maniaque de l'humidification de la cave, mon critère principale étant de gouter pour voir si c'est bon.
Petite mention spéciale pour le Nicaragua. Je sais pas si c'est parce que c'est la main d'oeuvre la moins cher d'Amérique centrale que les marques s'installent de plus en plus sur place, mais le boulot qui y est fait est fabuleux... d'autant plus que ces marques ne délaissent pas les modules abandonnés par Cuba. Tant pis pour Cuba, on ira se fournir ailleurs...
Il se peut que vous ne soyez absolument pas d'accord avec ce que je viens d'écrire, et c'est NORMAL (et en plus je vous emmerde, j'écris ce que je veux)... mais je rappelle que ce sont des généralités qui ont bien sur leurs exceptions, alors ne venez pas me casser les glaouis avec des "Mais c'est n'importe quoi, j'ai gouté un cigare untel qui était comme-ci et comme-ça, etc"... c'est très bien pour vous, mais ce que je donne ce sont des pistes, un peu comme les cigares dont je donne le nom... ça peut être des pistes pour un(e) nouvel(le) amateur(trice).
2010-01-06
Je pue de la gueule...
Voilà, tu as fumé ton cigare, un soir, bien peinard... quelques verres de rhum ou de whisky, et tu t'endors, un sourire satisfait sur la tronche... c'est bien légitime.
Tu te réveilles le lendemain matin, et là y'a comme un léger soucis, c'est la lourdeur de ton haleine. Oh, rien à voir avec cette belle puanteur que l'on a souvent au réveil, celle qui décolle le papier peint et fait fuir l'amant de ta femme, non, là c'est bien pire. Du genre "j'ai avalé tous les cendriers de Noiret, Santini et Dutronc réunis". Si tu es tout seul, ça passe encore, mais sinon ne JAMAIS OH GRAND JAMAIS essayé d'emballer madame à ce moment, surtout si elle n'est pas au courant de votre escapade "cigare".
Avant tout, je vais vous expliquer d'où viens cette puanteur.
Il faut avant tout comprendre ce qu'est la fumée. La fumée est le produit d'une combustion imparfaite des feuilles, un peu comme le gaz d'échappement pour une voiture. Trois phénomènes se produisent: la pyrolyse qui casse les molécules organiques pour les transformer en molécules plus simples, ensuite la synthèse qui ordonne ces molécules pour faire de nouveaux éléments chimiques et la distillation qui permet par exemple de faire passer la nicotine de la feuille de tabac vers la fumée. De tous les produits présent dans la fumée, les pyridines et les pyrazines sont les molécules responsables de l'haleine de chacal que l'on se traine des heures après. Elles proviendraient soit de la séparation de connexions chimiques de la nicotine ou alors d'une réaction entre les acides aminées et le sucre présent dans le tabac. Le soucis avec ces deux molécules c'est que même en quantité très faible, on les repère a des kilomètres à la ronde et que c'est celle qui reste le plus longtemps, longtemps après que les artistes ont disparu, les artistes étant les bonnes saveurs du cigare. A noter que contrairement à la fumée de cigarette qui est acide, la fumée de cigare est au contraire basique. On en a fini avec la partie scientifique.
Que faire quand on pue de la gueule?
J'ai testé un grand nombre de solutions et voici donc mes conclusions.
Les pastilles et autres chewing gum à la menthe n'auront qu'un effet temporaire et limité sur le problème, car quelques minutes après, tu te retrouveras avec la même haleine de cormoran mazouté qu'avant. De ce côté, j'ai TOUT essayé, alcool de menthe, Fisherman's friend, les petites languettes que l'on laisse fondre sur la langue, j'avais même trouvé dans une pharmacie une pastille spéciale "haleine de fumeur" à base de persil, mais faut croire que c'était plus pour la cigarette que pour le cigare.
Autre solution légèrement plus efficace, mais à peine, c'est le citron, expliquant peut-être (je dis bien peut-être) l'association faite entre le mojito et le cigare. J'ai croqué dans un quartier de citron, j'ai eu l'impression d'une meilleur efficacité.
Manu de la Bouffarde (non, ce n'est pas un aristocrate, juste le tenancier de la civette la Bouffarde) me racontait qu'à Cuba, pendant leur séance de dégustation, on leur servait un thé au citron agrémenté d'un produit (dont il ne se souvient plus du nom, mais dont l'effet semblait se limiter à réduire l'acidité et l'amertume du citron, un peu comme du sucre, mais le côté annihilateur de gout en moins) qui permettait de remettre le palais à zéro.
Donc voilà, y'a pas de solution pour sentir bon de la bouche après un cigare et même longtemps après... Sorry guys...
Mais s'il n'est pas possible d'avoir bonne haleine, il est possible de remplacer le cendrier que tu as dans le bec par autre chose... et oui, la nature étant notre amie, elle peut nous fournir quelques éléments pour rentrer à la maison discrétos sans que Madame se doute de l'orgie cigaristique à laquelle vous venez de prendre part. Nos amis s'appellent, oignon, ail et échalotte. Des trois, le plus efficace étant incontestablement l'ail, il ne faudra pas hésitez à croquer généreusement dans le légume pour tapisser votre palais du jus.
"Mais chérie, on a mangé chacun une vingtaine d'escargot" ou "Je suis tombé sur un morceau d'ail dans le rôti de boeuf de Jean-Michel" seront alors vos deux atouts les plus sérieux. Surtout n'hésitez pas à en rajouter un peu avec du "Et en plus ils ont fumé à côté de moi les salauds, mes fringues puent le cigare"...
Votre fourberie et votre vilenie n'ont donc plus aucune limite; c'est pitoyable, mais qu'est ce que je suis fière de vous....
2009-12-21
Je vous offre un petit cigare?
Pourquoi petit...
Je vais vous offrir un cigare. Oui, l'un d'entre vous aura le droit au cigare de son choix que je lui offre comme cadeau (oubliez les Behike à 500 dollars et autres Septimo, on reste raisonnable). Nous irons ensemble dans une civette pour faire notre choix, et dégusterons tous les deux la même vitole.
Mais comme vous êtes plusieurs, va falloir sélectionner le grand "gagnant" de ce cadeau!
C'est très simple, il suffit de mettre à la suite de ce message un commentaire.. le meilleur aura le cigare.
Alors que vous soyez débutant, grand débutant, ou même très grand débutant, ou bien amateur averti et même expérimenté, à vos claviers!
Afin de reconnaître le gagnant parmi les commentaires (hein, qui me prouve que c'est bien celui qui se réclame du message qui l'a bien écrit?), je vous invite à me l'envoyer juste avant par mail sur juban.nicolas@gmail.com ...
2009-12-09
Hanukkah du cigare!
"C'est quel jour et à quelle heure?
Ce soucis étant réglé, sachez qu'il n'est nullement utile d'être Juif pour profiter du Hanukkah du cigare, il suffit juste d'avoir un peu de souffle et d'avoir avalé un solide repas avant.
-Euh, attends, je regarde.... C'est samedi le premier jour. Attends, mais ça commence vendredi, mais samedi est le premier jour.
-Alors c'est vendredi ou samedi?
-Alors c'est vendredi ou samedi?
-Bah, tu allumes le vendredi soir."
Allumer quoi? Une bougie... oui, mais aussi un cigare!
Tous les ans, c'est la même chose, on s'y prend au dernier moment pour savoir quand tombe exactement Hanukkah (les musulmans comprendront très bien, je crois qu'ils ont souvent le même soucis avec le début du Ramadan). Hanukkah, c'est quoi? Certains diront que c'est comme Noël, sauf que ça dure huit fois plus longtemps, c'est pas faux. D'autres diront qu'au lieu d'allumer le sapin, on allume les bougies sur un chandelier pendant huit soirées... c'est pas faux non plus. C'est la fête du retour de la lumière dans le judaïsme (et oui, le solstice d'hiver n'est pas loin).
Mais quel est l'intérêt de tout ça pour le fumeur de cigare? C'est simple, nous allons faire... LE HANUKKAH DU CIGARE! Le plus génial c'est que Hanukkah commence... ce soir!
Pour savoir comment ça fonctionne, il faut rappeler le principe de base de Hanukkah (ça se prononce Chanouka avec Ch comme dans Bach qui se prononce comme la jota espagnole).
Premier soir, on allume deux lumières sur la chandelier à neuf branches. Une première lumière qu'on appelle le shamash qui servira à allumer la seconde.
Second soir, on recommence; on allume le shamash mais cette fois ci il servira à allumer deux lumières, etc, tout ça pendant huit jours, et donc à la fin tout le chandelier sera allumé. Pour la signification religieuse de Hanukkah, vous avez qu'a vous renseigner vous même sur internet (on est sur un blog cigare, pas dans un kibboutz).
Là, vous avez deux réactions: Quel rapport avec le cigare? Quel rapport avec moi (donc vous, pas moi) qui ne suis pas Juif (si vous êtes pas juif) et encore moins pratiquant (si vous l'êtes pas non plus)?
Pour la seconde question, messieurs, ça peut se résoudre très simplement...
Pour nous le shamash sera notre briquet favori, et les lumières qui sont allumés seront donc les cigares.
Donc le premier soir, on allume son cigare à 16h00 à Paris (vérifier en fonction de votre lieu de résidence à quelle heure se fait le premier allumage des bougies de Hanukkah pour savoir à quelle heure allumer votre cigare, ça peut varier grandement). Si tu vérifies mon horaire, tu constateras que partout ailleurs, l'horaire donné est 16h36... mais comme tu es malin et cultivé, tu sauras que le vendredi soir, y'a Shabbat, donc on peut pas allumer son cigare pendant. On va être encore plus malin, on va choisir pour ce premier soir un cigare qui peut se fumer en 30mn... J'ai choisi un El Rey del Mundo demi-tasse, c'est pas très grand et pas très épais, comme ça on est largement dans les temps.
Pour les autres soirs, on allumera les cigares à partir de 17h48, sauf bien sur le dernier qui retombe un vendredi soir et re-allumage à 16h, mais je vais revenir sur ce dernier soir qui va poser un soucis. Donc le deuxième soir tu allumeras deux cigares, le troisième, trois, etc. Je préfère le préciser, les cigares, tu ne les allumes pas tous en même temps, mais les un à la suite des autres. Si tu arrives à fumer tes sept cigares l'avant dernier soir, ce qui te ferait donc finir vers 6 ou 7 heures du matin, tu auras le droit à un fallafel offert par moi-même de chez "L'As du Fallafel" et si tu n'aimes pas ça on se prendra du pastrami et du foie hachée avec du pains aux oignons chez Finkelsztajn (c'est tellement bon...).
Attention! Dans ton choix de cigares assure toi bien que tu vas fumer crescendo, en commençant par le plus léger en allant vers le plus puissant, c'est essentiel pour ne pas te retrouver en fin de nuit en ayant l'impression de ne fumer que de la paille.
Dilemme pour le dernier soir qui se trouve être aussi le soir de Shabbat, car si allumer les huit lumières du chandelier avec le shamash ne pose pas de soucis particulier car ça se fait rapidement à la suite, pour tes cigares, il faut le temps de dégustation entre chacun. Plusieurs possibilités s'ouvre à nous: primo, tu n'es pas Juif (ou pratiquant) et donc tu t'en fous de Shabbat, c'est bien légitime, tu vas donc pouvoir te fumer les huit cigares, mais c'est là que tu te rends compte que comme tu n'es pas Juif (ou pratiquant), tu n'avais pas forcément besoin de faire le Hanukkah du cigare, mais quand même c'était marrant. Secundo, tu veux faire le truc jusqu'au bout et tu allumes les huit cigares en même temps et tu prendras une bouffée sur chacun à la suite. Tertio, tu ne t'es pas encore remis de tes sept cigares de la veille et du sandwich au pastrami que je t'ai offert pour te féliciter et tu déclares forfait pour le dernier soir... tu feras shabbat malgré toi.
Et Moïse dit au peuple d'Israël: "Les mecs, vous voyez, en fait c'est comme du Discount, tu as UN seul dieu pour le prix de plusieurs."
2009-11-26
La journée idéale du fumeur de cigares
Je ne voulais pas commencer ce qui suit à la façon d'un roman français, comme l'explique Gourio, ce qui aurait donné un truc du genre "Ce matin, je me suis levé, l'air hagard"... Rien qu'en écrivant cette phrase, j'ai failli m'endormir. Un roman français, c'est quoi? Tout simplement un mec qui met trois chapitres pour t'expliquer comment il s'est explosé un bouton dans le dos et quatre de plus pour te raconter comment il s'est brossé les dents après. Alors forcément, si l'auteur a un peu de style, ça peut passer, ça compense, mais s'il écrit comme la plupart des auteurs (pas tous heureusement) en réduisant sa grammaire à un simple "sujet, verbe, complément", on est mal barré.
Alors comment vous raconter ma journée idéale de fumeur? Déjà en vous racontant que ce qui suit ne s'est jamais déroulé. Ma journée idéale n'a pas encore eu lieu. Tout ce qui va suivre est pourtant vrai, mais fait sur différents jours, des morceaux de bonheurs éclatés dans le temps (c'est beau, hein?). Comme je raconte ma journée idéale, je n'ai pas à commencer par "ce matin", car forcément, si elle est idéale, j'ai fait une grasse matinée qui doit finir vers midi au moins. Je vais vous passer ma douche, mes habits, etc, on s'en fout.
"Allo... tu veux passer la journée à rien faire?"
On recrute quelques potes pour l'occasion... fumer tout seul, c'est sympa un petit moment, mais après, il faut des camarades de fumette pour se marrer un peu. Direction, place de Catalogne derrière la gare Montparnasse. Place de Catalogne se trouve l'un de mes dealers réguliers, Art Tabac. Non, je n'ai pas non plus de part chez lui, donc ce n'est pas pour ça que je vous en parle. Pourquoi Art tabac plutôt qu'une autre civette? Quatre raisons: j'y suis bien accueilli, les cigares y sont bien conservés, j'y suis en vingt minutes et surtout... il y a un petit fumoir caché derrière une porte dérobée. Mais avant d'aller poser mon derrière dans ce fumoir, il faut aller manger un morceau et boire un coup. Dans le prolongement de la civette se trouve une rue qui nous mène vers un restaurant bien sympa: le Bistro Russe de Paris, le ZAKOUSKI, tenu par Nicolas Novikoff, vous ne serez pas déçu du resto et du personnage, toute l'âme russe réunie en un seul homme... Merde, je me souviens plus s'il est ouvert le midi... pas grave, c'est une journée parfaite, on va dire qu'il est ouvert.
Pour la bouffe, c'est simple, une assiette, avec hareng, saumon, et quelques autres "tapas" russes, que l'on appellera donc pour l'occasion des "tapassovski", avec des blinis tout chauds, le tout arrosé d'une vodka glacée. En fait le jeu est simple, dès que tu es assis, on te pose un verre à vodka devant toi, on te le remplit et tu le vides... on te le remplit à nouveau et tu le revides... celui qui se lasse le premier, du patron ou de toi, a perdu. On est tout simplement comme à la maison... sans avoir à faire la vaisselle après!
Une fois sorti de ce lieu de débauche bien agréable, on va pouvoir en trouver un autre et enfin aller fumer, mais le chemin vers la civette semble bien plus long... Forcément avec la vodka, on zig-zague ce qui allonge la distance. Courage les mecs, on va y arriver.
"Alors, qu'est ce qui te fais envie?"
Je suis debout... ou en tout cas j'essaie de rester debout, en face de la vitre me séparant des cigares... Cubain? Non-Cubain? zatizekouèchtione. Je lève le nez vers le haut de l'armoire à cigare, je pose mon doigt sur la vitre:
"Ça..."
Ah, le fameux "ça"... c'est quoi "ça"? C'est le cigare du moment, celui qui te fait envie à l'instant, en dehors de toute réflexion, de toute rationalité, tu l'as vu, il te fait de l'oeil, tu l'as jamais fumé, ou au contraire, tu l'as déjà gouté cent fois, mais c'est pas grave... C'est aussi l'avantage d'être un peu bourré, tu n'as pas à justifier ton choix.
Pour moi le cigare du moment, si je pouvais tout de suite en prendre un, ça serait sans hésitation le Ramon Allones Gigantes... C'est en ce moment, selon moi, l'un des meilleurs cigares du monde... bien sur c'est un jugement totalement subjectif. Qu'il est beau... une cape couleur caramel, légèrement luisante... tiens, y'a même une petite cristallisation blanche qui s'est formée... il donne envie de l'allumer illico presto. Treize euros et des bananes de bonheur. Pourquoi s'en priver? Et je suis pas le seul, quelques amis me suivent sur ce cigare.
Un simple verre d'eau pour accompagner le cigare, on va arrêter un peu les conneries avec la bibine. Me voila dans le cocon, car ce petit fumoir privatif est le seul endroit dans Paris ou je n'ai plus tout à fait l'impression d'être à Paris, un peu comme une ambassade, tu es en France, mais en même temps, tu n'es plus légalement en France. On tient à sept personnes assises avec la lumière du jour qui nous vient d'une fenêtre en verre dépolie; de dehors personne ne nous voit et on ne voit personne... On va arrêter là le publi-reportage... passons au cigare.
Pourquoi j'ai choisis le Gigantes pour cette journée idéale? Car c'est tout simplement avec ce cigare que j'ai connu l'un de mes plus grands bonheurs cigaristiques. J'ai aussi connu d'autres plaisirs intense comme le Montecristo Robusto Editon Limitée 2006 dont je vous ai parlé sur mes chiottes. Mais c'est sentimental... j'aime ce cigare. J'éprouve la même chose pour le Partagas Mille Fleurs, un petit corona avec lequel j'ai souvent eu de la chance, toujours bon et constant, alors que quelques amis ont eu moins de chance que moi, parfois dégueulasse et bouché. Même avec ces défauts, je garde une certaine indulgence avec ce petit corona... c'est ça l'amour. Pour le Gigantes, c'est pareil. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'avais acheté mon premier Gigantes le 31 décembre 2007 au Drugstore Publicis sur les Champs-Elysées car c'était le seul lieu où je pouvais encore acheter des cigares à 20h30, et j'avais prévu de le fumer le soir même pour le réveillon du jour de l'an, ma femme étant partie chez ses parents pour l'occasion (je ne suis pas très fête du jour de l'an, je m'en fous à un point...). Manque de bol, vingt minutes après l'avoir acheté, un léger picotement dans le nez me dit que j'étais en train de m'enrhumer... merde, le cigare ça sera pour un autre soir. Ce qui devait arrivé arriva, j'ai pratiquement oublié le cigare dans ma cave. Oublié... en fait je le voyais bien, il était sous mes yeux le salaud, mais je sais pas pourquoi, il ne tombait finalement jamais sous les doigts. Sept mois plus tard, juillet 2008, mon rhume est fini, et depuis longtemps et je suis tout seul à la maison. A nous deux! J'allume le double corona... la bête est impressionnante et à cette époque, même si ce n'était y'a pas si longtemps, je n'étais pas encore habitué à ce genre de module.
OH LA VACHE! LA CLAQUE! Non pas à cause de la puissance, mais plutôt la richesse des saveurs... je suis ... je suis... mais pourquoi j'ai attendu aussi longtemps?! Comment font-ils pour nous pondre un tel chef d'oeuvre?! Le mot n'est vraiment pas exagéré! A l'allumage, on attaque direct sur de la crème caramel, tout en rondeur, avec des touches de cannelle; ça n'évolue pas beaucoup sur la première moitié, mais tant mieux vu comme c'est bon. Ensuite le cigare se renforce avec un côté café torréfié doux et cacao... quel pied! Et ça jusqu'à la fin.
Alors oui, pour ma journée idéale ce serait ce cigare qui l'inaugurerait.
Nous n'avons pas vu le temps passé, on a enchainé d'autres cigares, alternant les terroirs, Oliva série V lancero (un petit bijou de finesse) pour le Nicaragua, Ashton VSG belicoso (puissant et bon) pour la République Dominicaine... et le jour commence déjà à disparaître.
"Bon, bah on va au Cubana?"
Le Cubana Café à l'avantage de ne se trouver qu'à quinze minutes à pied d'ici et de posséder également un fumoir...
Qui se souvient de frogger?
C'est ça. Un jeu dans lequel on incarne une grenouille (c'est le truc vert foncée en bas) qui doit aller en haut sans se faire écraser par les bagnoles et qui doit traverser une rivière en passant d'une carapace de tortue à un tronc d'arbre. Pourquoi je vous en parle, comme ça, au milieu de cette fabuleuse journée que je vis en rêve? Car malgré tout, j'ai parfois l'impression d'être frogger passant d'un fumoir à l'autre, d'une carapace de tortue à un tronc d'arbre, d'Art tabac au Cubana, du Cubana à l'Atelier Berger, etc... Journée idéale, certes, mais qui reste encadrée par ces restrictions d'ordre légale, dirons-nous...
Nous avons faim, petite assiette de tapas histoire de ne pas continuer la soirée à jeun, ce qui peut être redoutable si l'on fume après. On expédie vite fait les tapas, on n'est pas là pour la gastronomie.
Pour la suite, on va y aller doucement... un Nicarao Robusto, ça c'est sympa, pas cher... des saveurs briochées plutôt, cool, ça sera mon dessert, le tout avec un p'tit Daïquiri. On discute cigare, on déconne, on se marre, on dit du mal des autres et de nous-même, on reparle des cigares, on se les échange.
"Goûte moi ça."
Je découvre de nouveaux cigares... Je découvre encore... j'adore ça.
Je me pose un peu, je prends mon temps... la nuit avance...
Je regarde ce qu'il me reste...
"Hey les mecs... matez-moi donc ça"
Je frime, je viens de sortir un truc introuvable en France: Padron 1926 séries 40th Anniversary, et non, ces cigares ne datent pas de 1926, c'est juste une date pour se souvenir... de quoi? Je sais plus...
J'allume... re-OH LA VACHE!
Cette fois ci, c'est la puissance du cigare qui me les cloue au fauteuil... Je viens de comprendre: je suis un punching-ball et ce cigare est Mike Tyson. C'est épicée, puissant, ça monte à la tête, et c'est enivrant... Je suis en train de devenir maso. Chaque bouffée est un combat, la richesse du cigare est fabuleuse... Non, c'est pas un cigare de débutant. Le combat se finit, je suis K.O. et abandonne le reste de cigare dans le cendrier...
Le soleil va bientôt se lever... on sort dehors...
"Frites-Champagne?"
Petite tradition à laquelle j'ai pu goûté: en fin de nuit, on s'assoit à la terrasse d'une de ces quelques brasseries qui restent ouvertes toute la nuit et l'on commande une assiette de frites avec une coupe de champagne, et l'on admire le jour se lever. On m'offre un dernier cigare... je ne sais même pas ce que c'est, et vu mon état, je m'en fous... Il est doux et léger, il convient parfaitement au moment.
"Merci les amis..."
Il est temps d'aller se coucher...
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